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L'inclusion sociale des enfants et des adolescents


L’inclusion sociale des enfants et adolescents

 

Parler d’inclusion sociale, c’est partir du postulat implicite que la société met en œuvre les ressources et moyens nécessaires pour s’adapter aux besoins singuliers de chacun, pour lui permettre d’occuper la place qui est sienne, celle de citoyen (de droit et de fait).Cela suppose indubitablement un travail d’éducation de l’ensemble des concitoyens.

Partager entre la volonté de considérer la personne avec autisme comme semblable à ses pairs (neurotypiques) et de faire reconnaître ses spécificités, la Fédération Sésame Autisme pointe aujourd’hui les attentes fortes pour construire et favoriser une inclusion effective, pour tous et par tous, et affirme que chacun doit pouvoir vivre et s’épanouir parmi les siens et non à côté.

Comme pour tout un chacun, le projet de vie des personnes avec autisme se construit dans des champs aussi divers que : la scolarisation, la professionnalisation, le sport, les loisirs, …. A la différence près qu’il s’articule autour d’une multiplicité d’acteurs : éducation nationale, associations, services d’accompagnement médico-social, secteur sanitaire. Tous participent de l’effectivité de l’inclusion sociale et agissent au travers de différents leviers.

LA FORMATION DES ACTEURS

Pour la Fédération SA, les particularités des personnes avec autisme, imposent leur prise en compte au quotidien et nécessitent d’être formé. Cela concerne :

les familles pour laquelle une offre est disponible notamment auprès des CRA, mais doit être encore développée et accessible à tous les territoires

les professionnels de l’enseignement (enseignants, AVS, …) au travers de leur besoin d’adaptation de leurs pratiques pédagogiques et de médiation dans la relation avec les enfants et les familles. Inscrire l’inclusion comme une mission essentielle des enseignants légitime et renforcer l’engagement de ces derniers dans leur démarche de médiation et d’ouverture du débat.

l’ensemble des intervenants auprès de l’enfant, comme les centres d’accueil périscolaire, les crèches et garderies, les professionnels du soin… pour lesquels cette démarche pourrait parfois davantage s’apparenter à de la sensibilisation (bonnes pratiques).

Tout « espace » recevant une personne avec autisme devrait être aménagé, adapté, pour favoriser son accueil.

L’ECOLE

Au-delà de la nécessité de formation (initiale et continue) des professionnels, les missions de l’école semblent devoir être réinterroger.

Identifiée bien souvent comme la clé de voute de l’inclusion sociale par sa fonction d’apprentissage et de développement de la connaissance, elle n’en reste pas moins un des lieux fondamental de socialisation. Fonction trop souvent oubliée au profit de la performance, elle n’en justifie pas moins son utilité et donc sa pertinence au travers par exemple de la construction de nouveaux modèles de scolarisation partagée, y compris sur des temps très partiels, en occultant la relative question du « niveau ».

Pour les enfants dont la scolarisation en milieu ordinaire n’est pas à remettre en cause, l’école doit prendre en compte leurs particularités, c’est-à-dire qu’elle crée les adaptations nécessaires pour faciliter les apprentissages, mais aussi des temps de décomppression pour leur permettre d’être eux-mêmes (comportements stéréotypés…). Cela les rend plus disponibles pour les apprentissages. Il s’agit donc bien d’accueillir l’enfant tel qu’il est et non tel qu’il devrait être, le respecter dans sa singularité.

Autour de la scolarisation se pose aussi la question de la professionnalisation des Auxiliaires de Vie Scolaire - annoncée il y a quelques mois mais dont bon nombre sont encore recrutés avec des contrats précaires. Outre la question du statut de ces salariés, se pose alors des problématiques de continuité de l’accompagnement et de période d’adaptation à chaque changement d’AVS.

La scolarisation vient aussi interroger l’accueil de l’enfant sur les temps périscolaires et la cantine, temps qui ne sont pas couverts par l’AVS dans la mesure ce sont des temps communaux et non Education Nationale.

COMPLEMENTARITE, MAILLAGE DES ACTEURS, FLEXIBILITE:

Prendre en compte la singularité des besoins des personnes avec autisme, c’est :

Individualiser et personnaliser l’intervention

Partir des spécificités de l’enfant et du contexte pour construire et offrir une intervention globale et cohérente.

Evoluer vers des logiques de dispositif, ce qui suppose que tous les acteurs - éducation nationale, médico-social, sanitaire - travaillent ensemble dans l’intérêt de l’enfant,

Créer des passerelles et faciliter le passage du milieu ordinaire au spécialisé et inversement… pour éviter les situations binaires où certains enfants sont accompagnés par un SESSAD quand il est à l’école ou par un IME, là où ils pourraient trouver un intérêt à l’être par les deux.

Pour poursuivre dans cette optique d’évolution des services du médico-social et faciliter l’inclusion, la perspective de les positionner au sein des établissements scolaires participent de cette flexibilité et de cette réactivité nécessaires lorsque la situation de l’enfant le demande. Ainsi, des espaces partagés pourraient être investis : cantine, récréation, temps de classe…

L’institution de demain doit être pensée vers et au sein de la société.

L’INSERTION PROFESSIONNELLE

Le travail suppose à la fois des compétences professionnelles et des compétences sociales.

Ces deux dimensions doivent être prises en compte dès la formation (scolaire et professionnelle). Pour la Fédération Sésame Autisme, le milieu ordinaire est le champ d’expérimentation par excellence ce qui implique le développement de l’apprentissage en situation (sociale et professionnelle) et de favoriser les stages en milieu ordinaire.

De nouvelles perspectives d’accès à la formation et à l’emploi semblent à envisager. Cela concerne d’une part ceux qui peuvent prétendre à une activité salariale qu’elle soit en milieu ordinaire comme en milieu protégé mais aussi ceux pour lequel le travail peut être envisagé sous un autre angle, celui de l’utilité et de la valorisation sociale, participant à la création de valeur pour la collectivité.

La Fédération SA réaffirme qu’aucun apprentissage professionnel n’est dénué de sens même pour celui qui n’accède pas au travail car il participe au développement de son autonomie et contribue à lui donner une dimension citoyenne.

Le cadre de l’emploi salarial doit considérer la personne avec ses spécificités, son rythme de travail et sa fatigabilité. Les ESAT doivent retrouver leur vocation initiale et éviter de se perdre dans des logiques de profits, de productivité et de mise en concurrence avec les entreprises du secteur marchand.

Des perspectives plus fluides sont nécessaires et à construire avec une mixité des accompagnements et une sécurisation des parcours.

LA PRISE EN CONSIDERATION DES AIDANTS

Bon nombre de démarches de médiation et de sensibilisation passe par les familles puisque cela facilite la connaissance de l’enfant.

Cela nécessite un investissement au quotidien qui présente de nombreux désagréments sur la vie des familles.

La Fédération Sésame Autisme rappelle la difficulté de parler d’inclusion alors qu’il est parfois difficile pour certains de maintenir une activité professionnelle, un lien social et un minimum de revenu décent. Les raisons à cet état de fait, sont diverses :

le manque de places

la difficulté de trouver des solutions de garde adaptées (crèche, accueil périscolaire, centre de loisir, garde à domicile…).

Des propositions sont attendues pour mieux accompagner les familles au quotidien :

des modalités souples d’internat séquentiel

la mise en place d’unité de proximité pour soutenir certaines familles et établissements et service d’accueil dans l’attente d’un accompagnement dédié

la reconnaissance d’outils et de « thérapies » alternatives, validés (recommandations consensuelles et plurielles) et encadrées (personnes qualifiées et diplômées, tarification)

la prise en compte d’un certain nombre de frais actuellement à la charge des parents (remboursement, tiers payant…)

Pour conclure, l’inclusion est à la fois une finalité et un processus.

L’inclusion doit être pensée à partir de la situation existante par défaut, et en fonction des besoins singuliers de l’enfant… pour mettre en place les ressources propres à la soutenir.

Pour la Fédération Sésame Autisme , il s’agit d’amener notre société à prendre en considération les besoins d’aménagements et d’adaptation des infrastructures pour mieux répondre aux besoins des personnes avec TSA et d’œuvrer auprès des autorités pour fournir les moyens nécessaires pour y parvenir.